Peleus

Studien zur Archäologie und Geschichte Griechenlands und Zypern
Herausgegeben von Reinhard Stupperich und Heinz A. Richter

Band 48

Lucie Botato Maryse Emery, Louis Dumesnil de Maricourt. Un consul pour la France (1806-1865). Naples, Messine, Séville, Stettin, Port Maurice Newcastle, Moscou, Larnaca

(2010) 308 pages, 10 pictures, 8°, hard cover, ISBN 978-3-938646-51-9, € 35.-, online bestellen

Maricourt is not only interesting as a person apart but very much as a diplomat too. He definitely was not the typical diplomat who was content with sticking to his diplomatic missions. A very good example for this are his activities as Vice-Consul in Messina. During the famous bombing of the town, by king of Naples Ferdinand II, he intensely commited himself to mediate between the king and the people of Messina. In doing so, he did not hesitate to put himself into very dangerous situations. That made him so popular that the people evaluated to crown him as King of Messina. He also used to articulate himself very clearly and unmistakably – not very typical for a diplomat (for a French man too). So he criticized without any pity the corruption of the Sevillian local authorities and the way they were handling the laws in their own interest against the foreigners living there, especially against the French. Maricourt understood the reasons : the Spanish did not forget the atrocities commited in their country in 1808 by the troups of Napoleon. But all this does by no means imply that Maricourt was a diplomat who was neglecting his essential duties. During his stay in Stettin, he proved himself to be a farsighted observer of the role Prussia was about to play in Europe. He suggested to the politicians in Paris how important it might be for an equilibrium of forces, to help the Prussian new navy. On the other hand, he warned his governement against the Prussian army who was getting “bigger and bigger”. Maricourt was an homme de lettres too and felt close to the French Romanticism. He was not a bad poet himself and without any question an excellent writer of prose as his books “heures d’insomnie à Naples” and “Heures de paresse à Naples” prove.
For Cyprus, his abundant correspondence -no less than 300 missives to the Ministry in Paris and the Ambassador in Constantinople- besides the usual reports on trade and navigation, provides precise documentation on the political, economic and social situation of the island, as well as the everyday life there. This testimony is of special interest not only by its timing during the dwindling of influence to the benefit of England but also when the island was feeling the early vibrations of modernity while the governors tried to put into practice the new reforms (tanzimats).
This period is also important for the Cypriot antiquities which were regarded as a curiosity. France took possession of the famous “vase d’Amathonte” while the activities of many of the agents came down to a wild collection of “objets d’art” in order to sell them to the Western museums. Louis de Maricourt himself collected Cypriot antiquities but not for commercial purpose, it was only a source of entertainment. His name is definitely linked to the discovery of the sanctuary of the “Goddess of the Salt-Lake near Kition.>BR> Louis de Maricourt, regarded as debonair, dedicated and accommodating, was a worthy envoy of France.

Personnage singulier, diplomate hors du commun, mais aussi excellent écrivain, François Louis Dumesnil de Maricourt est né le 2 avril ¬1806 à Hagen (Westphalie). Sa carrière consulaire a commencé à Naples, comme attaché à l’ambassade du roi. Il a souvent outrepassé sa fonction pour s’impliquer tout entier dans la vie de la cité. Ainsi par exemple, lors du bombardement de Messine de 1848, suite à la rébellion de cette ville contre le roi de Naples Ferdinand II, Maricourt, alors vice-consul, n’a pas hésité à se mêler à la population assiégée et à porter assistance aux blessés au péril de sa vie. Il a en outre, servi de médiateur entre les habitants de la ville et le roi Ferdinand II.
Politique sans langue de bois, il a dit haut et fort, avec une franchise presque naïve, sa pensée sur les populations qu’il a côtoyées lors de ses diverses missions. Il a critiqué ouvertement la mentalité sévillane et particulièrement la manière dont les fonctionnaires Andalous détournaient la loi au détriment des résidents étrangers, surtout des Français, contre lesquels ils nourrissaient une haine profonde, motivée selon eux, par les atrocités commises par les troupes napoléoniennes en 1808. En poste à Stettin, il suggère à son gouvernement de s’allier à la toute nouvelle marine prussienne qu’il admire, afin de contrebalancer la trop puissante navy anglaise. Il apparaît en revanche, très méfiant envers l’armée de terre qui, pleine d’animosité rancuneuse…ne cesse de renforcer ses contingents. Proche du courant romantique de l’époque, Maricourt s’est aussi distingué en tant que poète et écrivain, sa prose était aussi bonne a-t-on dit, que celle de Barbey d’Aurevilly. A l’instar de ses lettres, ses ouvrages : « heures d’insomnie à Naples » et « heures de paresse à Naples », préfacés par Lamartine, se sont avérés des morceaux d’excellence !
Pour Chypre, son abondante correspondance – pas moins de 300 missives adressées au ministre à Paris et à l’ambassadeur à Constantinople –, outre les habituels rapports sur le commerce et la navigation, est une source précise sur la situation politique, économique et sociale de l’île, mais aussi pour la vie quotidienne. Son témoignage est particulièrement précieux puisqu’il se situe à une époque où l’influence de la France à Chypre commence à décliner au profit de l’Angleterre, mais aussi où l’île commence à ressentir les premiers frémissements de la modernité alors que les gouverneurs essayaient de mettre en pratique les nouvelles réformes (tanzimat).
Cette période fut aussi importante pour les antiquités chypriotes qui étaient regardées comme une curiosité. La France prit possession du fameux vase d’Amathonte alors que l’activité de certains agents se résumait en une quête effrénée d’objets en vue de les proposer à la vente aux musées occidentaux. Louis de Maricourt, lui-même, collectionna des antiquités chypriotes, non pas dans un but commercial, c’était bien davantage pour lui une source d’amusement. Son nom est définitivement attaché à la découverte du sanctuaire de la "déesse du Lac salé" près de Kition.
Louis de Maricourt que l’on devine débonnaire, dévoué et conciliant fut un digne représentant de la France.